"A propos des carapaces

La création du matériau/support passe par des phases artisanales de construction des couches, de constitution des rides, de maturation des volumes par l'eau et le froid. Le réseau des rides est un élément essentiel. C'est de la richesse et de la finesse de ce travail que dépendra en grande partie la qualité de l'oeuvre. Les rides en racine créeront des surfaces finement irriguées, graphiques, rythmiques et vibrantes. Les rides en bourrelet appelleront le dripping et la décantation des pigments avec un travail sculptural des lumières sur les hautes surfaces.

C'est une succession de phases actives et contemplatives. La création d'une carapace est un travail long qui intègre à la fois une technique complexe et une très forte interférence de processus aléatoires.

Se libérer, laisser la plus grande place à l'évolution autonome de la surface… Sous le contrôle permanent du regard qui explore les propositions de la matière, les décrypte, les accompagne…

La carapace évoque de manière concrète, dans un rapport complexe entre sa surface et sa forme, la nature et les forces telluriques, le minéral, le végétal et parfois même l'organique. La carapace est une oeuvre-objet qui tend à créer l'émotion par sa seule existence."

Je développe depuis le début des années 2000 une technique très personnelle mettant en oeuvre le papier , de soie notamment, matériau ancestral, et les résines polymères, matériau contemporain, pour créer des oeuvres en volume évoquant l'idée des grandes forces naturelles. Ces oeuvres apparemment minimalistes sont le fruit d'un travail de recherche élaboré au service du sensible.